Des représentations en contradiction

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Prédateur en France : un statut à haut risque !

Faune


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Des incohérences de gestion

Le zonage, une solution peu satisfaisante

Le gouvernement s’est pourtant inspiré de ce principe en proposant le système de zonage en ce qui concerne le loup. Ce système a le mérite du compromis mais il porte tout de même en lui plusieurs incohérences.

6.1. Un non-sens biologique et écologique

Le zonage suppose que le loup s’adapte aux zones définies par l’Etat. Le non-sens biologique de ce principe est évident : le loup ne connaît pas les frontières. La recolonisation de nouveaux territoires est suffisamment difficile pour ne pas limiter plus encore les possibilités de passage par la formation de corridors non reconnus par les loups eux-mêmes. Ainsi, en réduisant les chances d’expansion, on augmente le risque de fragilité des espèces par effet de cosanguinité. La réduction du territoire, du fait de la faible densité caractérisant ces espèces, implique également un partage des ressources contraignant d’un point de vue biologique.

LE PLAN pour la PRÉSERVATION du PASTORALISME et du LOUP

Principe du zonage
Ce plan, proposé par le ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement, repose sur les conclusions du rapport de mission interministérielle sur la cohabitation entre l’élevage et le loup de Pierre BRACQUE datant de février 1999. Le zonage y est prévue dans la mesure où la cohabitation avec le loup n’est pas reconnue comme étant envisageable partout.

Territoire d’expérimentation, le loup est accepté
On y évalue l’efficacité des moyens de protection et de prévention aujourd’hui pour faire progresser de manière générale la cohabitation entre le loup et le pastoralisme.
Les indemnisations se font sous le couvert d’une assurance souscrite et dont la prestation est soumise aux respect d’un cahier des charges sur la mise en place de moyens de prévention. En revanche, cette assurance permet également de couvrir les dégâts causés par les chiens errants.
La protection du loup y est maximale mais on conserve le dispositif de dérogation prévu par la convention de Berne et la Directive Habitats de façon très exceptionnelle (dégâts importants et répétés sur une même exploitation agricole).
Territoire de gestion
le loup est toléré
Les mesures de protection prévues selon le programme LIFE Nature* sont maintenues.
Le contrôle de la population de loups est autorisé, par piégeage ou tir, après avis du CNPN*.

le loup est exclu
Intégrés au territoire de gestion, on inclue certaines zones ne pouvant pas admettre la présence du loup pour des raisons économiques, sociales et techniques. Ces zones sont déterminées par les préfets et soumises à l’avis du CNPN*.
Dans la mesure où la zone est décrétée impropre au loup, l’Etat ne soutient pas la mise en place de dispositifs de prévention.
Dans ce cas, les loups peuvent être prélevés de façon directe par les éleveurs ou les bergers.
Plan d’action pour la préservation du pastoralisme et du loup dans l’arc alpin, Ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement
20 mars 2000, http://www.environnement.gouv.fr

L’augmentation de population sur un même espace a des conséquences néfastes sur la pression que celle-ci exerce sur son milieu et se traduit souvent par la réduction du nombre d’individus au moyen de la sélection naturelle. Or il n’existe pas dans les Alpes de territoire à la fois suffisamment vaste et dépourvu de moutons.

6.2. Les risques pour l’espèce

Ce système suppose de légitimer les destructions des espèces concernées hors des zones qui lui sont réservées, ce qui est non seulement en contradiction avec certains outils juridiques mais également difficilement justifiable d’un point de vue éthique. Sur quels critères sinon anthropocentriques, donc contraires au principe de préservation de nature sauvage, déterminera-t-on ces zones ?
La loi étant mal respectée en matière de braconnage, la destruction officielle ne viendrait que s’ajouter à des destructions illégales sans pour autant les limiter.


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