« Wattway », quand la route se transforme en centrale photovoltaïque

Le 20 janvier, Ségolène Royal a annoncé vouloir mettre en place 1000 km de routes couvertes de panneaux solaires d’ici cinq ans en France. A l’origine d’une solution innovante en matière de revêtement routier photovoltaïque, la société Colas se positionne déjà comme le partenaire idéal pour mener à bien cet ambitieux projet. Des dalles solaires résistantes au trafic automobile Pour la ministre de l’Écologie, recouvrir le toit des immeubles, des maisons et des parkings de panneaux photovoltaïques n’est plus suffisant si l’on veut pouvoir optimiser au maximum la production d’énergie solaire hexagonale et répondre au mieux aux ambitions dictées par le nouveau modèle énergétique défini par la loi de transition énergétique votée l’été dernier. Ségolène Royal veut désormais rendre nos routes solaires.  Elle faisait part en début d’année de sa volonté d’équiper 1000 kms de route à travers la France avec des panneaux photovoltaïques. Une initiative maintenant possible grâce à l’innovation réalisée sur ce terrain par des sociétés comme Colas qui rendait public en octobre dernier sa toute nouvelle solution de revêtement routier photovoltaïque baptisée « Wattway ». Cette filiale de Bouygues a mis au point des dalles solaires qu’il est possible de poser à même le sol et qui supportent le trafic automobile sans que cela nuise à leur fonctionnement. Ce système, développé en collaboration avec INES, (l’Institut National de l’Energie Solaire), permet de produire de l’électricité propre et durable sans qu’il soit nécessaire d’envahir les surfaces agricoles avec des centrales avides d’espace ou de construire de nouvelles infrastructures car les dalles viennent directement se caler sur des routes déjà existantes. Robustes, les dalles ont pourtant seulement quelques millimètres d’épaisseur. Elles comprennent des cellules photovoltaïques de 15 centimètres de côté qui viennent former une feuille de silicium polycristallin. Elles sont « enrobées dans un substrat multicouche composé de résines et de polymères, suffisamment translucides pour laisser passer la lumière du soleil et assez résistantes pour supporter la circulation de poids lourds », indique Colas par voie de communiqué. Ce procédé fait figure de première mondiale et permet in fine de solliciter des zones jusqu’ici réserver à la circulation afin que notre société puisse disposer de nouveaux moyens pour produire localement une énergie zéro carbone, sans pour autant devoir supporter le coût de développement de nouvelles installations solaires. Pour Ségolène Royal, « les routes vont devenir des centrales photovoltaïques ». Question performances, il suffira de 20m2 de revêtement « Wattway » pour alimenter un foyer en électricité, quand un kilomètre de dalles permettra de fournir assez d’énergie pour assurer l’éclairage public d’une ville de 5 000 habitants. Pour Hervé Le Bouc, responsable de Colas, la route solaire est en passe de devenir un élément constitutif de la ville intelligente des pays développés. Le dirigeant de Colas compte cependant bien profiter de la baisse du prix des cellules photovoltaïques pour exporter son concept dans des pays en voie de développement qui restent des zones où le taux d’électrification est souvent très faible. L’innovation au service du solaire Le secteur solaire connaît aujourd’hui une croissance exceptionnelle. Depuis 2010, on a raccordé plus de capacité solaire photovoltaïque qu’au cours des 40 dernières années. Encouragé par les pouvoirs publics du monde entier, comme en France avec la loi de transition énergétique qui entend faire augmenter massivement la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, le solaire est désormais plébiscité à l’international. Forte des nombreux avantages que présente cette énergie, à la fois propre, abondante et bon marché,  la filière est en plein boom, portée par des acteurs du marché très actifs en matière de Recherche et Développement. Le champ des possibles ouvert par l’énergie solaire en fait aujourd’hui un terrain propice à l’innovation. Chaque jour, le marché du photovoltaïque voit apparaître des solutions développées au quatre coin du monde par des entreprises spécialisées qui parviennent à mettre le progrès technologique au service d’une réflexion permettant d’aboutir à des projets comme la « Wattway ». Et en matière d’innovation, EDF compte parmi les plus prolifiques pour développer la production d’énergie solaire et la rendre toujours plus compétitive. Au début du mois de février, Jean-Bernard Levy, patron d’EDF, s’est rendu à La Réunion pour inaugurer une installation solaire qui permet d’associer la production et le stockage d’électricité. La combinaison des deux fonctions garantit une alimentation énergétique constante aux habitants de la zone concernée. Pour ce projet, l’énergéticien français a choisit d’allier des équipements photovoltaïques à des batteries hydrogène, offrant un système capable de pallier l’intermittence de l’énergie solaire et de fournir ainsi de l’énergie même la nuit. Si une installation similaire à celle de La Réunion a déjà été mise en place en France, dans les Alpes, Lévy précise que le dispositif développé outre-mer « bénéficiera à toute une communauté », ce qui en fait également une première mondiale. Pour faire avancer le secteur photovoltaïque, la France dispose d’un savoir faire développé par de nombreuses entreprises et qui s’exporte à l’international, permettant aujourd’hui d’optimiser toujours plus l’exploitation de l’énergie solaire dans le monde entier. Depuis près de 25 ans, le Groupe DTB est le premier fabricant européen de bornes de recharge pour véhicules électriques. Son leadership lui donne aujourd’hui les moyens de conquérir des marchés étrangers en proposant une série de solutions innovantes et une expertise qui fait la différence. C’est le cas notamment avec la Jordanie puisque DBT vient tout juste de signer un contrat pour y installer, d’ici le mois de juillet, 10 bornes de recharge solaire. Une première étape lancée dans le cadre d’un projet plus large qui pourrait, à termes, déboucher sur l’installation de 3 000 bornes de recharge dans tout le pays. Dans la course à l’énergie solaire, la France se positionne de plus en plus comme un laboratoire d’idées innovantes qui viennent alimenter un marché en pleine expansion, friand de nouvelles techniques pour asseoir au maximum la place du solaire dans le mix énergétique global qui se veut, à termes, totalement décarboné. La société Colas avec sa « Wattway » en est un nouvel exemple.  Au lendemain de la présentation du produit, le patron de l’entreprise annonçait avoir reçu 1 000 demandes pour installer cette route solaire dans le monde entier. Un excellent démarrage pour un produit qui devrait porter haut les compétences françaises en matière de technologies solaires.

5 Réponses à "« Wattway », quand la route se transforme en centrale photovoltaïque"

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    laurette cayla 12 mars 2016 (15 h 02 min)

    Ce procédé peut-il s’appliquer aux trottoirs et voies piétonnes (pas glissant?) ? A quel prix ? A-t-on des retours d’information sur l’expérience hollandaise de pistes cyclables photovoltaïques ? Si vous avez des réponses, je serais heureuse de les connaître.
    P.S. Pour le ton de l’article, je suis tellement d’accord avec Mathieu se demandant si ce n’était pas de la promo, que j’ai failli ne pas le lire. Mais mettons cela peut-être sur l’enthousiasme créé par la nouvelle. Laurette CB

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    METHOT Daniel 12 mars 2016 (21 h 37 min)

    Beaucoup d’inconnues dans cette information…
    Bilan écologique de la fabrication de tels panneaux (produits utilisés, énergie consommée, exploitation de minerais rares…)
    Bilan carbone ?
    Durée de vie de ces produits?
    On ne nous parle que des aspects positifs comme si l’auteur avait été simplement ébloui par cette technologie d’avant-garde.
    Greenwashing de Bouygues et Colas ?

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    Laurenzerl 16 mars 2016 (15 h 06 min)

    Ah en France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ! Mais quelles idées 🙁 Celles de Bouygues, qui veut gagner des gros sous… Encore un truc très éco-tartufe, histoire de se faire mousser et de faire croire qu’on fait quelque chose…
    Comme le signale très justement Daniel Methot, que d’inconnues !! C’est à l’usage qu’on se rendra compte de la farce 😉

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    Laurenzerl 19 mars 2016 (14 h 53 min)

    en fait, Univers Nature pourrait se passer d’envoyer les sempiternelles nouvelles à longueur de temps et se concentrer sur les VRAIES parce que j’ai l’impression, au final, que ça radote quand je reçois toujours la même chose !
    une bonne idée serait de se désincrire, évidemment 😉

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    raymond 2 avril 2016 (22 h 13 min)

    A 6 euros le watt crète c’est 3 fois plus cher que du photovotaîque sur le toit et 8,5 fois plus cher que au sol environ. Oui c’est vraiment n’importe quoi, super quand il faudra changer un panneau sur une rocade. bonjour les embouteillages et plein de co2.

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