Tirs de 24 loups : le prix de la cohabitation en France

Depuis son retour en France, le loup n'a cessé de voir sa population augmentée, à l'instar des territoires qu'il fréquente. Bénéficiant d'un statut de protection via les engagements internationaux pris par la France en 1979 lors de la convention de Berne et en 1992 avec la directive européenne Habitat-faune-flore, ce renouveau a immédiatement suscité une opposition chez une large majorité d'éleveurs et, dans des proportions moindres, dans les rangs des chasseurs. Après un premier plan de gestion qui avait ouvert la possibilité à des tirs dits de "régulation", la cohabitation avec l'homme fait l'objet d'un nouveau "plan loup 2013-2017", qui fait la part belle à l'abattage comme solution de gestion d'une population lupins en expansion. Concrètement, jusqu'à 24 loups vont pouvoir être abattus sur l'année, soit plus du double du chiffre actuel, à des fins de protection des troupeaux de moutons. Il est vrai que sur le terrain, les éleveurs doivent faire face à une pression croissante, la France compte en effet quelque 250 loups, dont la dynamique de reproduction atteint actuellement 19% l'an, selon le ministère de l'écologie. Géographiquement, si des individus se trouvent dans le Jura, le Massif Central et les Pyrénées, c'est essentiellement dans les Alpes-Maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence et le Var que les loups font la une des journaux. En effet, ces départements comptent l'essentiel des 5 848 moutons indemnisés aux éleveurs en 2012, contre 4 920 en 2011 et 2 680 en 2008. En se mettant d'accord sur un prélèvement maximum de 24 individus, écologistes et éleveurs tentent de parvenir à une progression faible et encadrée de l'espèce. Comme actuellement, la décision finale reste au préfet des régions, où il y a des menaces avérées sur des troupeaux. Néanmoins, l'absence de ciblage des tirs peut conduire à une élimination contre-productive d'un individu important pour la meute, pouvant entraîner jusqu'à l'explosion de cette dernière et, par conséquence, des attaques de troupeaux à la hausse. Sans vouloir être défaitiste, il est plus que vraisemblable que ce nouveau plan loup 2013-2017 ne règle pas la problématique de l'expansion du loup en France. Depuis son retour, on voudrait nous faire croire qu'il est possible de contrôler son développement, voire d'éduquer certains individus (comme on a pu l'entendre à l'Assemblée Nationale). De par le monde, les multiples exemples de cohabitation entre loup et homme, montre que la seule solution passe par une protection systématique des troupeaux et, en dernier recours, des tirs sélectifs et ou de défense, strictement encadrés.
Article écrit par Pascal (voir la biographie)
le 21 mai 2013 à 09:39
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  • 1 réponse à "Tirs de 24 loups : le prix de la cohabitation en France"

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      sophie des noisettes 23 mai 2013 (8 h 04 min)

      …et même si ce n’ est pas nécéssaire, on se débrouillera pour en tuer 24, voire plus en arguant de légitime défense. On parie?

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