630 Millions d’euros de produits neufs détruits par an

L'Agence du Don en Nature (ADN) développe depuis plusieurs années une vaste plate-forme de collecte et de redistribution de produits neufs invendus (hors produits alimentaires). Globalement trois valeurs clés peuvent caractériser la raison d'être de l'Agence.

  • 8,7 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (1) en France.

  • 630 millions d'euros de produits neufs voués à la destruction chaque année en France.

  • Plus de 600 000 personnes aidées grâce à 500 associations partenaires de l'Agence luttant contre l'exclusion.

 Du 7 au 13 avril 2014 ADN a organisé la deuxième édition de la semaine du don en nature. A cette occasion, l'Agence, en partenariat avec l'ADEME (1), a publié les résultats d'une étude sur la prévention et la gestion des déchets non alimentaires en France. L'étude fait un état par secteur de la destruction des produits non alimentaires de l'équivalent des 630 millions d'euros recensés en 2013. A eux-seuls, les secteurs « livre et multimédia » et « Hygiène beauté » représentent les trois quarts des destructions avec respectivement 287 et 185 millions d'euros. Les autres secteurs commerciaux sont loin derrière avec principalement et par ordre d'importance : vaisselle et verrerie 74,7 millions d'euros, vêtements 34,6 millions d'euros et quincaillerie bricolage avec 15 millions d'euros.

En contrepartie de ces destructions, les dons en nature non alimentaires sont estimés par l'étude à 140 millions d'euros. Le trio de tête de ces dons est composé des vêtements avec 34,6 millions d'euros, l'hygiène-beauté 18,5 millions d'euros et de la vaisselle verrerie pour 16,6 millions d'euros. Quant aux livres et multimédia ils n'arrivent qu'en quatrième position avec 12,3 millions d'euros.

 Grâce à des initiatives comme celles d'ADN, une large gamme de produits neufs échappe de plus en plus au triste sort de la destruction. Selon les représentants d'ADN : « Depuis 2009,6000 tonnes de déchets ont été évitées grâce à l’action de l’Agence du Don en Nature. Cependant, seulement 13% des entreprises donnent leurs stocks invendus selon une étude d'Opinion Way et de l'Agence du Don en Nature, réalisée en 2013 sur un échantillon de PME appartenant à l'industrie des biens de consommation. »

 1 - Un individu est considéré comme pauvre lorsqu'il vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. L'Insee mesure la pauvreté monétaire de manière relative. Le seuil de pauvreté est déterminé par rapport à la distribution des niveaux de vie de l'ensemble de la population. Eurostat et les pays européens utilisent en général un seuil à 60 % de la médiane des niveaux de vie.

2- Établissement public à caractère industriel et commercial, placé sous la tutelle conjointe des ministères en charge de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. L’ADEME participe à la mise en œuvre des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable.

6 Réponses à "630 Millions d’euros de produits neufs détruits par an"

  • comment-avatar
    kiki 26 avril 2014 (10 h 55 min)

    Pourquoi ne pas instaurer dans chaque localité une recyclerie ? Transformation, remise en état et vente à bon prix de tous produits qui sont jetés : informatique, électro-ménager, vêtements, meubles. Certaines associations le font, mais au niveau local où il existe une  »déchetterie », il serait judicieux de créer une recyclerie à proximité, ceci créer aussi des empois. Rien ne se jette, tout se transforme.

  • comment-avatar
    JB 27 avril 2014 (10 h 54 min)

    Excellente idée de Kiki. Les recycleries sont un moyen intelligent d’éviter le gaspillage et de créer des emplois. Mais bon, le gagnant/gagnant c’est assez mal vu en économie capitaliste… mais où sont donc les perdants?

  • comment-avatar
    zygo 27 avril 2014 (15 h 46 min)

    D’autant qu’il est interdit de récupérer des choses dans la déchetterie, tout doit être détruit (même des trucs neufs!).

  • comment-avatar
    Iris 28 avril 2014 (0 h 10 min)

    Oh oui, au moins une recyclerie dans chaque commune de plus de 2000 âmes, ce serait cool, non? Bon, après, il pourrait y en avoir des plus ou moins spécialisées et monter un petit réseau 🙂

  • comment-avatar
    Alain 28 avril 2014 (18 h 06 min)

    L’IDEAL SERAIT UNE RECYCLERIE A PROXIMITE D’UNE DECHETTERIE. Cela suppose un local, des salariés compétents qui recyclent et qui recèdent si possible à bon prix. Cela suppose des frais de fonctionnement élevés (énergie, matériels, outillage, etc ) et des recettes faibles. Qui paie la différence ? A réfléchir.
    Le gaspillage est en réalité un des éléments pris en compte dans un modèle de production en croissance perpétuelle, sinon on ne comprend plus. Les surproductions ou méventes agricoles ne peuvent nourrir nos pauvres. Interdit.
    On préfère mazouter. Les livres invendus ne peuvent alimenter les bibliothèques
    locales gratuitement, il faut des subventions communales pour en payer quelques-uns chaque année. Quelques flacons de parfum abimés sur une palette, et c’est toute la palette qui finit à la déchetterie, pas de tri ou de recyclage (un témoignage). Le plus terrible d’un tel système ne profite à
    personne et surtout pas à la planète. Amitiés !

  • comment-avatar
    krikri 7 mai 2014 (12 h 02 min)

    L’idéal serait de moins produire et produire des biens de meilleure qualité !
    Mais dans une économie capitaliste on ne veut pas l’entendre, on a apprit aux gens à se contenter de la mauvaise qualité et de racheter en permanence (car ça rapporte sur le très court terme)alors on produit en permanence.
    Le recyclage n’est qu’une solution de repli, si le verre se recycle presque à l’infini, ce n’est pas le cas du papier !

Répondre à JB Cancel reply

Votre courriel ne sera pas affiché.