Pompe à chaleur, des équipements plus performants dans un marché en baisse

Alors que les prix de l’énergie ne cessent d’augmenter depuis quelques années et que la situation ne devrait pas s’améliorer, les pompes à chaleur (PAC) se taillent un joli succès commercial (la part des PAC dans les systèmes de chauffage dits « écologiques » est passée de 2% en 2003 à près de 10% en 2012). Le secteur est particulièrement concurrentiel avec quelque 82 marques représentées en France. Parmi celles-ci, certaines jouent clairement la performance en atteignant une efficacité énergétique assez exceptionnelle. On citera ainsi la dernière pompe à chaleur air/eau, Estia, de Toshiba. Avec le meilleur COP (1) du marché (4,88 pour le modèle Estia 11 kW), ce modèle offre une solution complète de chauffage, production d’eau chaude et rafraîchissement, adaptable en constructions neuves comme anciennes. Polyvalente comme toute pompe à chaleur air-eau, elle se raccorde aussi bien à des radiateurs basse ou moyenne température qu’à des planchers chauffants, entre autres. Ce type de pompe peut également cohabiter avec une chaudière traditionnelle (gaz ou fioul) déjà existante, en déclenchant automatiquement la mise en route de cette dernière lorsque la température extérieure devient trop basse et compromet le rendement de la PAC. Néanmoins, malgré des solutions de plus en plus performantes, le marché est en baisse (-7 % en 2012). Un mouvement qui s’explique par le contexte économique que l’on connaît et une fiscalité avantageuse revue à la baisse. Même si elle est maintenue à 5,5% pour les travaux liés à une rénovation énergétique, la TVA réduite lors des travaux de rénovation classique est passée de 5,5 % à 7 % en 2012 et pourrait atteindre 10 % en 2014… De même, le crédit d'impôt dont bénéficiait l’ensemble des pompes à chaleur a considérablement été revu à la baisse, et les arbitrages actuellement en discussion à l’assemblée nationale ne devraient pas améliorer les choses. En matière de coût, citons le site Clicpac, un simulateur gratuit de rentabilité et d’économie d’énergie à réaliser avec l’installation d’une pompe à chaleur. ——————————————————————— Zoom sur les ventes de PAC Le dernier point, réalisé par l’Association Française pour les Pompes à Chaleur (AFPAC), dresse un panorama de la pompe à chaleur en France. Le parc installé atteint 610 000 pompes à chaleur raccordées à un circuit de chauffage et 857 000 PAC air/air. Economiquement, la filière a représenté un chiffre d’affaires non négligeable de 1,87 milliard d’euros en 2012 (en baisse de 7% par rapport à 2011). Si la baisse des ventes devrait se confirmer en 2013 et 2014, elle devrait être moindre avec respectivement -3 % et -1 %. Sur les huit premiers mois de 2013, ce sont les équipements les plus performants et coûteux, à savoir les pompes à chaleur géothermiques qui enregistrent la baisse la plus importante (-27,3 %). Dans le même temps, les pompes à chaleur air-air s’affichent en légère hausse (+2,9 %) avec quelque 245 035 unités vendues, soit près de 5 PAC sur 6 vendues… On peut légitiment regretter cette situation, les PAC air/air étant de loin les moins intéressantes, avec des COP très moyens et une utilisation quasiment impossible dès lors que la température chute en dessous des -5°. En France, leur installation n’est intéressante que dans le sud, à l’inverse des pompes à chaleur géothermique et, dans une moindre mesure, des PAC air/eau, qui peuvent être installées sur l’ensemble du territoire. ——————————————————————— 1- Le COP, COefficient de Performance, est le rapport entre la puissance thermique d’une pompe à chaleur et sa consommation électrique, soit le nombre de kWh de chaleur produit pour 1 kWh d’électricité consommé.
Article écrit par Pascal (voir la biographie)
le 12 novembre 2013 à 07:31
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  • 3 Réponses à "Pompe à chaleur, des équipements plus performants dans un marché en baisse"

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      MESSAGER 16 novembre 2013 (19 h 23 min)

      Quelques imprécisions que je trouve tendancieuse sont présentes dans ce document :
      1) Les pompes air/eau peuvent fonctionner sans difficulté jusqu’à – 20°C et pas seulement jusqu’à -5°C et l’appoint électrique n’est plus systématiquement sollicité et autant que par le passé et particulièrement quand on se trouve en-dessous de -7°C et que l’air est devenu particulièrement sec.
      2) le COP d’une pompe géothermie / eau est certes performant, mais ce qui compte c’est le COP moyen annuel et en ce sens le COP d’une pompe à chaleur air / air même avec appoint électrique qui certes peu glorieux à -20°C (COP=1)et qui nécessite un appoint externe de chauffage est de plus de 5 dès que l’on passe au dessus de +10°C et lorsque l’on regarde le ration performance / investissement les pompes à chaleur air / eau ont sans aucun doute la meilleur efficacité, et permettent même une réelle économie d’argent quand l’appoint est fourni par un système de chauffage (poesles par exemple) au bois ou pelets bien moins onéreux que l’électricité.
      3) Les pompes à chaleur sont aujourd’hui parfaitement capable de produire de l’eau à plus de 60°C compatible avec de la rénovation d’une maison équipée de vieux radiateurs dimensionnes pour une chaudière fuel ou bois ancienne. Ceci est même valable pour une pompe à chaleur air / eau par exemple de chez AJTECH (double étage)particulièrement performante car en situation de température peu froide un seul compresseur fonctionne.
      4) le COP peut aussi se lire comme Coefficient OF Performance de sa racine anglaise et le pendant du mode froid qui est nommé le EER = Efficient E…Ratio.

      références : je suis installateur de tout type de pompe à chaleur depuis 6 ans et aussi de systèmes de chauffage classique (pelets, fuel condensation, gaz, électrique)

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      ben 18 novembre 2013 (9 h 51 min)

      Le problème des pompes à chaleur air/air n’est pas le cop à basse température, le cop sur les modèles haut de gamme étant identique voire meilleur que le cop des pompes air/eau. En revanche, le chauffage à air pulsé n’a pas d’inertie thermique incitant un usage en dent de scie (allumage à fond en arrivant) défavorable au rendement et à la charge du réseau électrique. Le mouvement d’air conduit aussi à utiliser une température de consigne légèrement plus élevée qu’un chauffage radiant.

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      Claude 22 novembre 2013 (16 h 59 min)

      Ma maison de 80m2 (Drôme) est chauffée en électrique (radiateurs à accumulation par fluide) pour 833 kWh/an, soit 115 € (hiver 2011/2012) : isolation renforcée, puits canadien, VMC double flux à 70%, exposition au soleil optimale, conception volumique optimisée. Le surcoût d’une PAC (ou d’une chaudière gaz), ne serait pas amortissable. CQFD

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