Mieux étudier les navires pour prévenir les marées noires

Le 6 février dernier, l’Association de la sécurité passive embarquée (MPS) publiait une étude de cas sur le « Rena », navire porte-conteneur échoué sur le récif de l’Astrolabe, au large des côtes de la Nouvelle-Zélande, le 5 octobre 2011. Celui-ci transportait alors à son bord 1712 tonnes de pétrole et 1368 conteneurs. Lorsqu’il heurta le récif, près de 350 tonnes de pétrole se déversèrent immédiatement, polluant un écosystème fragile et tuant des milliers d’oiseaux marins. Mais ce que l’étude a permis de mettre en évidence est le « cauchemar logistique » auquel ont été confrontées les équipes de sauvetage au cours des 36 jours qui suivirent l’accident, aggravé par une météo chaotique. Le basculement progressif du navire et la perte d’une digue de retenue d’eau ont notamment contraint à intégrer toujours plus de personnel et d’équipements, générant des coûts croissants.

Or, selon la MPS, le Système FOR (Fast Oil Recovery) aurait permis de réduire de moitié le coût de cet incident. Développé par le JLMD Ecologic Group, cet équipement de sécurité « passive » embarquée permet aux équipes d’intervention d’accéder plus rapidement aux réservoirs de pétrole et de carburant. En effet, il est conçu pour atteindre les citernes de charge et à combustible, rendues accessibles grâce à des connecteurs reliés au pont supérieur du navire par exemple. Ne nécessitant pas d’entretien particulier, ce dispositif fonctionne avec n’importe quel type de polluant liquide. Il est, en outre, compatible avec les navires neufs comme avec les bateaux déjà en service.

Alors que l’industrie maritime continue de croître, à la faveur de nouveaux navires toujours plus imposants, les mesures anti-pollution semblent exclues de cette course à la performance.
La multiplication des accidents en atteste
. Selon Gilles Longuève, Président de la MPS et Directeur général du JLMD Ecologic Group, le plus grand défi reste à convaincre les propriétaires et les exploitants de navires de « changer leur manière d’aborder et de se préparer à ce type d’évènements malheureux ».
Cécile Cassier
1- Créée par « les principales parties prenantes de l’industrie », l’association se définit comme une organisation sans but lucratif. Elle vise à sensibiliser au problème de la pollution maritime accidentelle et travaille à la mise en avant de solutions de prévention.
Article écrit par Pascal (voir la biographie)
le 21 février 2012 à 12:00
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