Pollution de l’air intérieur, une facture très lourde !

En moyenne, nous passons environ 85 % de notre temps dans des environnements clos (habitats, locaux de travail ou destinés à recevoir du public, moyens de transport, etc.) dans lesquels on est le plus souvent exposé à de nombreux polluants. Ce constat, fait par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dès 2000 et confirmé par d'autres études sur la qualité de l'air intérieur aux USA, n'exempte pas la France. L'impact létal de cette pollution insidieuse y est ainsi évalué à plus de 20 000 décès chaque année. Ces 20 000 morts ne semblant pas franchement préoccuper nos dirigeants, notamment en comparaison des efforts déployés pour lutter contre les accidents de la route (3 250 morts en 2013, soit six fois moins…), une étude sur le coût économique de cette pollution de l'air intérieur, sortie la semaine dernière, pourrait les inciter à se pencher enfin sur ce problème majeur de santé publique. Selon cette étude, le coût socio-économique de cette pollution s'élèverait à quelque 19 milliards d'euros par an. Pour parvenir à ce chiffrage, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), l'Observatoire de la Qualité de l'Air Intérieur (OQAI) et le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB), à l'origine de l'étude, ont évalué les coûts induits d'une partie de la pollution de l'air intérieur source de décès prématurés, soins spécifiques, pertes de production, etc. Même si certains polluants étudiés trouvent leur origine dans l'air extérieur, les auteurs, en ne se consacrant que sur six polluants (benzène, trichloréthylène, monoxyde de carbone, radon, particules et tabagisme passif), estiment que les 19 milliards d'euros annoncés constituent une estimation basse. L'air intérieur peut en fait contenir plus d'une centaine de polluants. Parmi ceux non évalués, on note particulièrement le formaldéhyde, un gaz présent dans une large majorité de locaux via les meubles en bois non-massifs, vernis, moquettes, peintures, etc. Néanmoins, comme le souligne le responsable de l'étude, Guillaume Boulanger, adjoint de l'unité des risques liés à l'air de l'Anses, "Il faut travailler de façon globale à l'amélioration de la qualité de l'air, atmosphère extérieure et air intérieur étant étroitement liés."
Article écrit par Pascal (voir la biographie)
le 14 avril 2014 à 01:39
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  • 3 Réponses à "Pollution de l'air intérieur, une facture très lourde !"

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      Lefebvre 28 avril 2014 (11 h 36 min)

      Synthétique et bien écrit.
      Vive l’aération et la VMC double flux.

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      C@t 29 mai 2014 (1 h 12 min)

      Surtout rendre accessibles à tout le monde, les matériaux « sains » et bannir les meubles en kit, les peintures et Cie polluants… Sans parler de la nourriture pleine de pesticides, huile de palme, etc, et les produits d’hygiène déplorables !
      Je voudrais remplacer le sol plastique de ma chambre par qq chose de sain, mais tout est cher ! 🙁 Mon fils futur papa et sa compagne pour la chambre du bébé prévoient, un « parquet » flottant… Ce qu’il a eu dans sa chambre d’enfant, avant que je n’apprenne que tous les travaux entrepris étaient bon à refaire, si on voulait qq chose de sain, je ne sais pas si c’est à cause de ça, mais j’ai eu un cancer à 46 ans, nous sommes tous non-fumeurs dans la famille, essayons de mener une vie saine, mais vu les prix nous ne pouvons faire qu’un minimum…

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      J.Ph. ROSELLO 22 juin 2014 (21 h 17 min)

      Ce qui « m’amuse » est qu’il n’y a pas si longtemps le formaldéhyde, on le trouvait dans… le lait longue conservation ! Je me souviens très bien avoir montré cela à ma copine qui en consommait (je ne prenais que du frais) en lui lisant l’étiquette et lui disant : le formaldéhyde c’est… du formol ! C’est sûr que cela conserve mais nous savons depuis que c’est cancérigène.
      Combien d’entre-vous en ont consommé et pendant combien d’années ? Apparemment personne n’en parle et pourtant c’est un fait…

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