Les plantes ne souffrent pas en silence

Ce n'est pas parce que les oreilles humaines n'ont pas la capacité d'entendre les sons émis par les plantes que celles-ci sont silencieuses ; c'est la conclusion que l'on peut tirer d'une récente étude menée par une équipe de chercheurs de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA).

Une première série d'expériences a été menée en reproduisant les conditions de stress hydrique de l'arbre. Les plantes ont une grande sensibilité à l'eau captée par les racines, en général elles ont une faible capacité de stockage. Et, comme pour tous les êtres vivants, l'eau est un élément fondamental de leur existence. Comme le rappelle les auteurs de l'étude, les plantes perdent, via la transpiration des feuilles, la quasi totalité de l'eau prélevée dans le sol. Cet acheminent de l'eau de la racine jusqu'aux feuilles est le vecteur de la montée de la sève. Si l'eau vient à manquer du fait d'une situation de sécheresse, la plante se protège en « fermant ses stomates » (minuscules trous présents à la surface des feuilles). Si la situation se prolonge, de l'air pénètre dans les vaisseaux engendrant un phénomène d'embolie gazeuse qui finit par interrompre la montée de la sève. C'est lors de ce phénomène que la plante s'exprime en émettant des ultrasons sous forme de « click ».

 Lors de la publication de l'étude, Thierry Ameglio, de l'Unité mixte de recherche de CLERMONT-FERRAND a déclaré : « Le progrès technologique nous permet de repousser un peu plus les limites de nos connaissances fondamentales dans un premier temps, et devrait in fine conduire à de nouveaux détecteurs acoustiques pour écouter la langue des plantes et aider les chercheurs et les professionnels à sélectionner des espèces adaptées aux conditions climatiques du futur ».

De même, lors d'une phase de gel, un phénomène d'embolie se produit du fait que les gaz dissous dans la sève sont très peu solubles et se transforment en bulles d'air. Lors de cette phase, des ultrasons sont émis par la plante. Par contre lors de la phase de dégel, alors que les bulles d'air augmentent de volume et coupent la circulation de la sève, aucun ultrason n'est enregistré. Ce paradoxe fait dire aux chercheurs que les plantes émettent alors un « cri d’alarme » en prévision de l'embolie qui surviendra lors de la phase de dégel.

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