A Vitry, on aspire les déchets

Vous qui habitez en ville, vous avez sans doute déjà vécu cette scène : les lumières des gyrophares du camion poubelle qui envahissent la chambre à coucher, le radar de recul qui se met en marche, puis le bruit des poubelles vidées dans la benne qui achèvent de vous réveiller. Un coup d'oeil au radio réveil : il n'est pas encore 6h du matin, vous avez encore droit à deux bonnes heures de sommeil, et pourtant vous avez les yeux grand, très grand ouverts.

A Vitry-sur-Seine, commune du sud de la capitale coincée entre Maisons-Alfort et Villejuif, ce genre de réveil intempestif pourrait bientôt n'être qu'un lointain souvenir. Du moins dans quatre quartiers de la ville, actuellement en réhabilitation : ceux-ci bénéficieront en effet d'un nouveau système de tri et de collecte des déchets, qui se fera via un réseau pneumatique souterrain. En surface, rien ne change ou presque : les poubelles mobiles sont remplacées par 390 bornes fixes, reliées à 10 kilomètres de tuyaux et qui seront efficientes dès la fin de cette année 2013. Une fois 'confiés' à la borne requise, le déchet est aspiré, s'en va sillonner quelques kilomètres de tuyaux pour finalement aboutir dans un centre de traitement dédié qui se chargera de sa valorisation. Sur les 85 000 habitants que compte la commune, seul un millier devrait être impacté par cette révolution dans le mode de tri des déchets.

Notons que la ville de Vitry n'est pas la seule à tenter ce genre d'expérience, et que les projets se multiplient en Ile-de-France : Romainville, Issy-les-Moulineaux, Saint-Ouen s'y essaient également. La capitale n'y coupe pas et a lancé un projet similaire dans le quartier des Batignolles. Si le coût est important pour l'opérateur chargé de sa mise en place (ici, Suez Environnement, qui investit 25 millions d'euros), le bénéfice quant à la qualité de l'air et la qualité de vie pourrait lui se faire sentir très vite. Des armées de camions poubelles ne prendront plus la route pour d'interminables rotations quotidiennes. A Paris par exemple, 400 de ces véhicules sillonnent les rues de la capitale chaque jour pour délester les bacs de tri, émettant de fortes quantités de CO2, sans compter 'le bruit et l'odeur' - pour paraphraser une phrase malheureuse de Jacques Chirac - qui dérangent les riverains en effectuant leur indispensable besogne.

Et si les bornes pneumatiques rendaient tout ce que nous connaissons aujourd'hui obsolète ?

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    kermit 25 février 2013 (0 h 00 min)

    a l’époque on a décrié l’hygiène des vide-ordures… qu’en sera t’il des 10kms de galeries in-nettoyables ou vivront en masse des rats, des cafards, et tout un tas de microbes et de bactéries…bah, Suez va créer une société spécialisée, qui facturera cher les désinfections… et il n’y aura plus qu’a re-payer!

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