Le bocage normand, nouvelle énergie renouvelable ?

[caption id="attachment_65338" align="alignnone" width="735"] bocage normand[/caption] La Bretagne a ses falaises, la Vendée ses longues plages de sable et ses forêts de pins, le Sud de la France a la garrigue, et la Normandie a son bocage. Citons le sacrosaint Wikipedia qui donne une définition de ce paysage typique : "On appelle bocage la région où les champs et les prés sont enclos par des levées de terre portant des haies ou des rangées d'arbres qui marquent les limites de parcelles de tailles inégales et de formes différentes, et où l'habitat est dispersé généralement en fermes et en hameaux". Dans le département de la Manche notamment, les haies propres au bocage sont abondantes. Tellement abondantes que l'association Haiecobois, dans des propos rapportés par le journal Ouest France, estime être le premier département bocager de France avec 53 000 kilomètres de haies. Cependant, un tel patrimoine naturel demande de l'entretien : taille, remplacement des pieds malades, ramassage du bois mort, etc… Tous ces déchets, s'ils sont exploités à bon escient, peuvent alors être considérés comme de la biomasse et peuvent ainsi se convertir, après quelques savantes transformations, en une énorme source d'énergie renouvelable. Le journal de l'Ouest décrit ainsi la filière locale. La première étape, ce sont les agriculteurs de haies qui se chargent de la remplir, en entassant le bois coupé devant leur propriété. Puis, une machine est acheminée vers ces tas de bois et se charge de les débiter en plaquettes de bois de quelques centimètres. Les établissements collectifs et les particuliers peuvent alors entrer en contact avec l'association Haiecobois qui les fournit en plaquettes de bois pour le chauffage. Plus d'une centaine d'agriculteurs locaux ont recours à l'association, et celle-ci livre 35 chaudières collectives du département, qui réchauffent écoles et maisons de retraite. Cette initiative locale permet d'entretenir le bocage normand qui, en plus de donner au paysage un profil atypique, tient lieu de réservoir de biodiversité avec des insectes, oiseaux et petits animaux qui y trouvent refuge. Et elle s'inscrit également dans une stratégie nationale de développement des énergies renouvelables qui voit la biomasse se classer au troisième rang derrière l'énergie hydraulique et l'éolien, mais devant le solaire. Sur ce coup-là, la Manche (qui accueillera tout de même bientôt le fameux EPR de Flamanville) a tout compris !
Article écrit par Benjamin (voir la biographie)
le 20 janvier 2014 à 10:09
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  • 4 Réponses à "Le bocage normand, nouvelle énergie renouvelable ?"

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      Rob Urie 23 janvier 2014 (12 h 01 min)

      Comment ça « atypique » ? Un paysage avec des haies c’est « atypique » ?!
      On voit que vos références doivent se trouver dans la Beauce…
      Venez dans le Morvan regarder le paysage typique du bocage avec son maillage de haies vives.
      p.s. au lieu d’écrire « Hors » il faudrait écrire « Or »

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        clicdurable 23 janvier 2014 (13 h 24 min)

        atypique car pas représentatif de l’ensemble des paysages. Nous avons corrigé le mot Or, et l’avons remplacé par Cependant. Merci de votre contribution, et bonne lecture sur Univers Nature.

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      M.Wendling 24 janvier 2014 (15 h 25 min)

      Il y a encore du potentiel…
      Bien cordialement
      Michel W

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      Josse 27 janvier 2014 (2 h 37 min)

      Je doute fort de la « durabilité » de cette exploitation de nos haies : j’habite près de CHERBOURG et je constate à chaque fois que je roule dans notre campagne la dégradation à vitesse accélérée -j’irai même jusqu’à dire la disparition totale- des haies qui sont exploitées, pour ne pas dire massacrées, n’importe comment….
      En effet la tendance actuelle étant de couper tout ce qui « dépasse » pour « faire propre » (les services départementaux de l’équipement participant avec joie à ce massacre), on voit de plus en plus les haies, autrefois vives, taillées désormais en haies de jardin -70/80cms de haut-, les arbres de haut jet coupés pour faire du bois de chauffage (c’est la mode!), les arbustes (noisetiers, aubépines et autre essences) broyés au moins deux fois l’an, n’ont plus le temps de se régénérer et dépérissent quand ils ne sont pas vecteurs de maladies, feu bactérien, etc…
      C’est d’ailleurs une des raisons de la disparition des rapaces diurnes et nocturnes qui ne trouvant pas d’obstacles pour s’élever dans leur vol de franchissement des routes se font percuter par les camions ou les bus en circulation.
      Et puis l’état d’esprit dans l’agriculture actuelle est encore de considérer l’arbre comme un ennemi naturel, qui mange de l’engrais et fait de l’ombre aux légumes: il faut agrandir les parcelles, faire passer des engins de plus en plus gros donc on détruit de kilomètres de haies au lieu de replanter et d’entretenir;
      Les vieux disaient que pour avoir un bel arbre dans 50 ans il faut en planter au moins 50 aujourd’hui, ce qui est loin d’être le cas….
      Non Déborah, le bocage manchois ne se porte pas bien; je vous invite à venir vous en rendre compte par vous même un de ces jours, au printemps prochain !

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