Île-de-France : De plus en plus d’habitats en zone inondable

Après plus d’un siècle, la grande crue de 1910 qui a touché l’Île-de-France n’est plus vraiment dans les mémoires.  A cette époque, de nombreuses communes et quartiers de Paris sont restés sous les eaux de la Seine pendant plusieurs semaines. Depuis, des travaux d’aménagement de protection ont été construits et notamment des grands barrages-réservoirs, mais rien ne permet de croire qu’une telle situation catastrophique ne pourrait pas se reproduire. L’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région d’Île-de-France (IAU) (1) a publié début décembre 2013 les résultats d’une grande étude sur le niveau d’exposition actuel du parc de logements franciliens en zone inondable. La première information que l’on peut retenir du document c’est que, pour une crue similaire à celle de 1910, ce sont près de 435 000 logements qui se retrouveraient dans des zones inondées. D’après l’IAU, cela représente 27,3 millions de m2 habitables et 8 % de l’habitat de la région. Près de la moitié de ces logements serait exposée à des niveaux d’aléas forts, à savoir des niveaux de submersion compris en 1 et 2 m et même des niveaux très forts, soit plus de 2 m. Concernant les communes les plus touchées, ce sont Paris 15ième, Alfortville, Asnières-sur-Seine, Ivry-sur-Seine et Paris 12e arrondissement avec environ respectivement 42 000, 22 000, 14 000, 13 500 et 13 000 logements concernés. Mais un des points les plus marquants est, sans doute, l’accroissement constant des constructions en zone inondable : « Depuis le début des années 1980, période à laquelle s’est véritablement engagée une politique nationale de prévention des risques, plus de 100 000 logements ont été construits en zone inondable en Île-de-France, à 85 % dans de l’habitat collectif. ». Il est plus que vraisemblable que cet élément sera une belle source de polémique lors de la prochaine crue centennale de la Seine. Le document d’étude s’intéresse aussi aux coûts financiers d’une telle catastrophe et, selon le rapport de l’IAU, l’estimation pour les dommages directs se chiffre entre 17 et 20 milliards d’euros dont la moitié serait imputée à l’habitat. 1-      L’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région d’Île-de-France, fondation reconnue d’utilité publique par décret du 2 août 1960, procède à toutes études, enquêtes et recherches ayant pour objet l’aménagement et l’urbanisme dans la région Île-de-France. Elle peut prêter son concours technique à tout organisme qui le lui demanderait pour effectuer des études similaires en France et à l’étranger

3 Réponses à "Île-de-France : De plus en plus d’habitats en zone inondable"

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    KOURGAROU 15 décembre 2013 (2 h 48 min)

    C’est bon, j’ai regardé et je suis à 46 mètres au-dessus du niveau de la Seine, çà devrait être bon pour moi… au pire je monte à l’étage de mon pavillon.

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    Olivier 16 décembre 2013 (19 h 40 min)

    Voila ce que c’est de construire à tout va sans prendre en compte l’environnement, ou en pensant qu’on le maitrise. Pour le moment ce n’est qu’une projection et c’est bien d’y penser avant qu’une catastrophe n’arrive, encore faut-il prendre les mesures nécessaires.

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    CL IAU 17 janvier 2014 (16 h 23 min)

    L’Institut d’aménagement et d’urbanisme a réalisé une carte interactive des zones inondables sur l’ensemble de la région Île-de-France :
    http://sigr.iau-idf.fr/webapps/cartes/?id_mapfile=603

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