Nicholas Stern : quelques réflexions avant Copenhague

La course est lancée… A l’approche de la conférence de Copenhague (1), les grandes puissances mondiales sont attendues au tournant. Dans un contexte où la crise économique laisse craindre que les questions environnementales ne soient reléguées au second plan, les positions que choisiront d’adopter les gouvernements risquent pourtant bien de peser fortement sur l’avenir du monde. Nicholas Stern, auteur du célèbre rapport qui chiffrait à 5 500 milliards d’euros le coût du changement climatique, a déclaré au quotidien La Croix, dans un entretien publié ce jour (2), que si l’Europe « manquait de leadership, ce serait dévastateur pour le monde ».
D’après l’économiste britannique, « l’économie à forte intensité de carbone n’a pas d’avenir », et « tuera la croissance ». Mais la bascule ne se fera pas en un an, « le monde devra réduire ses émissions de 20 gigatonnes de carbone d’ici à 2050 », et pour Nicholas Stern, il est de la responsabilité des pays développés de montrer la voie dès maintenant. Il annonce ainsi que ces Etats devront réduire leurs émissions de CO2 de 80 % dans les quarante ans à venir par rapport à leur niveau de 1990. La proportion avancée ici par l’expert semble vertigineuse, et n’importe lequel d’entre nous dirait que « c’est vraiment pas gagn酠». Mais Stern reste positif, convaincu que des arguments rationnels, tels les milliards de pertes résultant de l’inaction, soutiendront la volonté politique. Il félicite d’ailleurs l’Europe, qui malgré les soubresauts de l’économie, a décidé de maintenir ses objectifs de réduction de CO2, déclarant qu’elle était prête à aller jusqu’à 30 % de réduction d’ici à 2020 en cas d’accord mondial. L’administration Obama, de son côté, s’engage vers de véritables efforts, mais des efforts qui restent, d’après Sterne, « faibles devant l’ampleur nécessaire de la réduction ». Pour l’économiste, les Etats-Unis doivent diminuer leur réduction de 25 % pour 2020.
Parfois, tout ceci ressemble un peu à une foire d’Empoigne, les Etats-Unis et l’Europe, partie en tête, alignant des pourcentages, fixant des objectifs franchement ambitieux. Mais pour Nicholas Stern, l’avenir se joue là, quand les pays riches s’engagent à faire les investissements nécessaires au changement. Car ce passage d’une économie fondée sur les énergies fossiles, vers « l’économie à faible intensité de carbone » représente d’après lui un avantage, « comparable à l’invention de l’électricité ou de la voiture », en d’autres termes, un changement de civilisation. Economiste visionnaire, Stern sera-t-il écouté ?
Elisabeth Leciak
1- La conférence de Copenhague sur le changement climatique se déroulera du 7 au 18 décembre 2009.
2- La Croix, propos recueillis par Sébastien Maillard, vendredi 15 mai 2009.
Article écrit par Pascal (voir la biographie)
le 15 mai 2009 à 12:00
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      horace 17 mai 2009 (0 h 00 min)

      Bonjour, de mon temps, on apprenait que le gaz carbonique(CO2), est plus lourd que l’air, donc, il descend, et stagne au raz du sol, et de l’eau. La fonction chlorophylienne absorbe le gaz carbonique, et fabrique de l’oxygène!. De son côté, l’eau de mer(7/10èmes de la planète), est connue pour être un solvant du CO2, par contact!; plus, la fonction chlorophylienne du plancton. Comment, dans ces conditions, le CO2 peut-il réchauffer la planète!.
      Bien sûr, il y a le dioxyde de soufre, l’ammoniac, le monoxyde de carbone, dioxyde d’azote, etc…etc….
      En fait, je pense que c’est un alibi pour promouvoir le nucléaire, et, nous faire payer.
      Ce n’est pas une affaire scientifique, mais politique!!!.
      Parlons plutôt des camions, qui ne sont pas équipés de pots catalytiques!. Voilà, de vrais pollueurs, mais, un lobby puissant!.
      Par contre, pourquoi ne nous parle-t’on pas de l’activité solaire, qui a énormèment évoluée, ces dix dernières années; plus, le gigantesque nuage photonique, à haute énergie, que le système solaire traverse actuellement!!.
      Quant’est-ce que nos dirigeants nous parleront franchement de ce qui se passe!.
      Horace.

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      horace 17 mai 2009 (0 h 00 min)

      J’ai oublié de préciser qu’il va falloir supprimer tous les êtres vivants, animaux compris!!, car, lorsque nous respirons, nous produisons du CO2!!!!!.
      Horace.

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      fred 18 mai 2009 (0 h 00 min)

      Horace, vous avez dû faire une mauvaise interprétation de ce qu’on vous a appris. Oui les océans sont les plus grands absorbeurs de CO2, et les phytoplanctons y jouent un grand rôle. Cependant la concentration de CO2 dans l’atmosphère ne cesse d’augmenter depuis ces 100 dernières années ou en d’autres termes, depuis l’ère de l’industrialisation. Moi aussi j’avais appris ça à l’école avec une jolie courbe montrant la croissance de la teneur en CO2, passant de 0.02 g/m3 ou à 0.5 g/m3 (je ne suis pas sûr de l’unité de mesure mais le graphique m’avais frappé à l’époque). Le plus inquiétant était que cette courbe montrait une croissance de plus en plus rapide du taux de CO2 dans l’air.

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      Lea 19 mai 2009 (0 h 00 min)

      Oui fred, tout a fait d’accord avec ta précision, en plus des signes montrent que les puits ne sont pas si profonds que cela et parfois même se transforment en source….
      Par contre j’aimerais savoir a quoi fait référence la formule de Stern « 20 gigatonnes de carbone d’ici à 2050 » c’est par rapport aux niveaux d’émission actuels ? Si quelqu’un a lu l’article en référence…..

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