La côte aquitaine mise à mal par les tempêtes

Les habitants de la côte ouest de la France se souviendront longtemps de cet hiver 2013/2014. Une douceur exceptionnelle, accompagnée d'une pluviométrie record et d'une série de tempêtes qui a laissé peu de répits aux habitants et aux infrastructures.

 Le réseau d’observateurs de l’Observatoire de la Côte Aquitaine (BRGM et ONF) (1) a publié début février 2014 un état des lieux du littoral aquitain après le passage de deux dépressions couvrant les périodes du 23 au 27 décembre 2013 et du 3 au 7 Janvier 2014. Malgré des vents de Sud/Sud-Ouest ayant atteint les 100 km/h et des hauteurs de houle de 6 mètres, un faible coefficient de marée a permis à la côte de ne pas trop souffrir de la première dépression. Par contre la deuxième tempête, nommée « Hercules » et considérée comme une dépression majeure, a engendré des dommages exceptionnels en ce début d'année 2014. Des hauteurs de houles de 9 mètres ont été observées dans la nuit du 6 au 7 janvier, accompagnées de coefficients de marée supérieurs à 100 (avec un maximum à 108 le 3 janvier). Selon les observateurs de l'étude, ce phénomène météorologique a entraîné sur de nombreux sites des reculs du trait de côte supérieurs à 10 mètres précisant que : « Outre la destruction des accès de plage et l’altération des ouvrages côtiers (perrés, enrochements, promenade, etc.), cette érosion remet en cause l’existence de bâtiments ou d’infrastructures (immeuble « Le Signal », Club de surf de Soulac, villa « Surprise », etc.). ».

 L'hiver agité ne s'est pas cantonné à ces deux tempêtes et, entre mi-janvier et mi-février, toute une série de dépressions est venue frapper la côte ouest de l'hexagone déjà très fragilisée par cet épisode de début d'année. Début février, avec des coefficients de marée de 113 et 114 les dépressions ont à nouveau mis à mal le littoral, les barrières naturelles telles que les dunes avaient alors perdu une grande partie de leur efficacité. Le prochain rapport de l’Observatoire de la Côte Aquitaine devrait sans aucun doute démontrer que l'hiver 2013/2014 restera dans les annales de l'érosion des côtes françaises.

 1- Le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) est l'établissement public de référence dans les applications des sciences de la Terre pour gérer les ressources et les risques du sol et du sous-sol. L'ONF est l'Office national des forêts, il est le premier gestionnaire d'espaces naturels en France et assure la gestion durable des forêts publiques françaises, soit près de 10 millions d'hectares de forêts et espaces boisés en France métropolitaine et dans les DOM.

6 Réponses à "La côte aquitaine mise à mal par les tempêtes"

  • Côte Aquitaine mise à mal.. | saintongeais 22 février 2014 (12 h 19 min)

    […] ** La côte aquitaine mise à mal par les tempêtes […]

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    dany 22 février 2014 (21 h 00 min)

    La nature fait valoir ses droits ! L’homme ne pourra que s’y soumettre.

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    Sibylline - Faune marine 22 février 2014 (23 h 34 min)

    Ce qui serait bien, ce serait aussi de parler des dommages collatéraux et notamment des victimes de l’avifaune. Ce n’est pas parce que les caméras sont parties que nous avons déserté le front. Merci pour votre aide, sous quelque forme qu’elle soit, car l’hécatombe continue (plus de guillemots que de macareux désormais)

    http://cetacesetfaunemarine.wordpress.com/2014/02/11/besoin-de-materiel-pour-les-oiseaux-marins-en-detresse-de-la-facade-atlantique-landes-pays-basque/

    Sibylline Faune marine
    http://www.sibylline.org

    Sibylline – Faune marine

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    Didier 23 février 2014 (0 h 11 min)

    Plutôt que d’investir dans le rehaussement des digues et autres solutions qui finiront toujours par céder, mieux vaudrait commencer à construire des villes loin de la côte et si possible sur des hauteurs.
    Il a été dit qu’avec le réchauffement climatique, nous aurons des phénomènes météo de plus en plus violents. Et le niveau des mers va grimper …

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    DUBAU 23 février 2014 (12 h 12 min)

    Le BRGM dites-vous est l’organisme de référence. Difficile d’admettre que malgré ses constatations et les rapports qu’il doit rédiger et transmettre aux autorités chargées de l’application des lois et des règles, n’appliquent pas ces recommandations. Des hectares de forêts disparaissent sur les communes du Médoc pour permettre la construction de lotissements. Pire encore, certaines communes comme LUDON, PAREMPUYRE, etc autorisent les constructions sur des terrains dont le niveau de la nappe d’eau se trouve à peine à 2,50 m en dessous du niveau de construction. Pourtant la route départementale a été édifiée à 1,20 m au-dessus de ce niveau de construction. Bordeaux, ville qui doit atteindre un million d’habitant dans quelques années et sa CUB sont situées en partie sur des zones inondables, il suffit d’une rupture de la digue pour que plusieurs milliers de personnes périssent. Alors ou va-t-on reloger tout ce monde qui va quitter ces lieux maudits ?

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