Les bactéries résistent tous azimuts

« Si le XXe siècle a laissé espérer à l’homme qu’il avait trouvé l’arme décisive contre les bactéries pathogènes et les maladies infectieuses, le XXIe siècle s’amorce avec le défi urgent de trouver de nouvelles molécules et les moyens de contrer les capacités d’adaptation des bactéries », c'est pas cette phrase que se termine de dernier communiqué de presse du Laboratoire AmpèreCNRS. L'équipe de génomique microbienne environnementale du Laboratoire Ampère a publié, le 19 mai 2014, dans Current Biology une étude démontrant l'ampleur de la résistance naturelle des bactéries aux antibiotiques. Selon les chercheurs, leurs travaux démontrent avec « certitude » que les bactéries du milieu naturel sont pourvues d’une large panoplie de gènes qui leur permet de résister aux antibiotiques.

Pour pouvoir étudier le comportement et les caractéristiques des bactéries, il suffit presque de se baisser. En effet, les chercheurs rappellent que, dans un seul gramme de sol, plusieurs milliards de bactéries se livrent une lutte permanente et impitoyable. Les résistances ont deux types d'origine, soit des mutations, soit, dans la grande majorité, des gènes de résistances qui proviennent du milieu naturel, gènes que les bactéries acquièrent entre autres lors de leur passage dans le sol. Pour mener à bien leurs travaux, les scientifiques ont confronté la base de données de l'Université canadienne McMaster, qui fait référence en matière de recensement de gènes de résistance aux antibiotiques, à une base de données de génomes de populations bactériennes provenant de différents milieux. Les milieux des prélèvements ont volontairement été choisis hétérogènes (tubes digestifs humain et animal, de lac, de glace arctique… et même de sols de la forêt guyanaise n’ayant subi aucune influence de l’homme) et, quels que soient les milieux, notamment ceux non encore affectés par les activités humaines, de très nombreux gènes de résistance ont été mis en évidence. Selon, Pascal Simonet, microbiologiste au Laboratoire Ampère : «Cette étude confirme que les bactéries ont à portée de main tout l’arsenal nécessaire pour lutter contre n’importe quel antibiotique, certaines d’entre elles étant même aujourd’hui capables d’accumuler des gènes de résistance contre 20 ou 30 antibiotiques ! ».

Par ailleurs, une étude des chercheurs de l'Institut Pasteur et du CNRS a démontré, en mai 2013, que l'utilisation d'antibiotiques, même à faible dose, est susceptible d'augmenter l'apparition de résistances via l'acquisition de gènes.

 Quoi qu'il en soit, les bactéries semblent être des mieux armées pour occuper encore longuement les chercheurs de ce secteur.

5 Réponses à "Les bactéries résistent tous azimuts"

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    Nicole Sarah Kretchmann 5 juillet 2014 (19 h 39 min)

    Saluuuut,
    pour reconstruire il est important de déconstruire, n’est-ce pas ? Et si c’était le rôle des bactéries ? Mais les humains veulent toujours être les plus forts…
    Faut croire qu’on est très limité…

    Mon site : http://chante-la-vie.fr

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    Jicé 60 6 juillet 2014 (6 h 09 min)

    Du temps du rideau de fer. Les médecins de l’est qui n’avaient pas accès à nos antibiotiques avaient développé une autre parade en sélectionnant des virus bactériophages.
    Cette technique très efficace des « phages » est toujours à notre portée il suffirait que nos pontifiants chercheurs fassent preuve d’humilité et d’ouverture esprit.
    Ce n’est pas gagné…

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    pivert 6 juillet 2014 (12 h 53 min)

    Et si l’on cherchait à s’appuyer sur les bactéries amies pour combattre les bactéries ennemies comme on le fait en agrobiologie ?
    Plutot que de chercher désespérément à éradiquer, composer avec la diversité et considérer les bactéries comme des parasites nécessaires à son hôte ?
    Voilà le nouveau paradigme du XXIème siècle

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    Pozzo 7 juillet 2014 (10 h 19 min)

    Il semble en effet que considérer « les bactéries » comme des ennemis soit un peu réducteur. voir le documentaire sur le microbiote « ces bactéries qui nous gouvernent ».
    D’autre par pour lutter contre les bactéries on ne mentionne que rarement les fagobiotiques développés en Géorgie depuis plus de 50 ans.
    Géorgie qui se rapproche actuellement de l’europe je crois ?

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    John Steed 14 juillet 2014 (8 h 10 min)

    « c’est pas cette phrase que se termine de dernier communiqué »

    Un meu plus d’attention pors de la relecture s’impose…

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