Europe-USA : fin de dispute sur le bœuf aux hormones

Le 6 mai, l'Europe et les Etats-Unis ont trouvé un accord de principe pour clore la fameuse dispute du « bœuf aux hormones », un conflit qui entachait leurs relations commerciales depuis de nombreuses années.
« Conclure un accord sur cette question sera un signe clair de notre engagement à dépasser -et, dans la mesure du possible, résoudre- les conflits bilatéraux dans nos rapports commerciaux. » ont noté Catherine Ashton, commissaire européenne au Commerce et Ron Kirk, représentant américain au Commerce extérieur. Signe de bonne volonté, aux termes de cet accord, les Etats-Unis ont accepté de ne pas imposer les taxes annoncées pour certains produits européens, notamment l'eau minérale italienne ou notre bon vieux roquefort menacé d'être taxé de 300 % en droits de douane. En échange de quoi, l'Europe va permettre l'entrée de viande de bœuf américaine non traitée aux hormones de croissance, « à hauteur de 20 000 tonnes pendant les trois premières années puis 45 000 tonnes à partir de la quatrième ».

Conflit commercial et argument de santé publique
Le désaccord entre l'Europe et les Etats-Unis remonte aux années 80, époque à laquelle l'UE décidait d'interdire la commercialisation du bœuf aux hormones, arguant de motifs liés à la santé publique. Depuis, l'Europe subit les sanctions commerciales des Etats-Unis et du Canada. Ces sanctions furent permises par l'OMC qui jugeait, en 1998, que les arguments européens n'étaient pas recevables. Mais, ne cédant pas devant la pression nord-américaine, en 2003 et en 2007, études scientifiques à l'appui, l'EFSA (1) confirmait ses positions, décidant qu'il n'y avait pas à revenir sur la question du risque et du principe de précaution invoqué précédemment.

En novembre 2008, la cour d'appel de l'OMC se ressaisissait du dossier et, bien que sans donner d'avis définitif, recommandait aux USA et au Canada de renoncer aux mesures à l'encontre de l'Europe. Ce conseil fût alors peu suivi, des menaces de représailles, comme la taxation du roquefort par exemple, étaient encore brandies.
Aujourd'hui, le conflit semble résolu et l'UE va suspendre la procédure contentieuse engagée à l'OMC contre les Etats-Unis pour faire valoir l'interdiction du bœuf aux hormones. Les tractations commerciales pourront certainement se dérouler dans une ambiance plus détendue.
Les Etats-Unis « ont accepté que la santé soit plus importante que le commerce », a ainsi déclaré José Bové sur France Inter. S'agit-il bien de cela ? ou plutôt d'accepter qu'il vaut mieux négocier plutôt que de passer en force….
Elisabeth Leciak
1- Autorité européenne de sécurité des aliments

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    eric 10 mai 2009 (0 h 00 min)

    parce ce que vous pensez qu’il y a des bovins sans hormones !!! les bios sûrement, mais les autres …

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    opaque 12 mai 2009 (0 h 00 min)

    je vais de ce pas m’acheter un barbecue chromé, afin de déguster du steack « Born in the USA « je me prendrai ainsi pour Clint Eastwood,ce qui n’est pas rien,et je ne me poserais plus cette stupide question : pourquoi donc la moitié des cultures dans le monde servent elles à engraisser du bétail et donc des obèses, au lieu de nourrir correctement l’humanité ?
    quand à la taxation du roquefort, que ces gens là commencent par arréter d’imposer de le vendre aux magasins bios français sous emballages plastiques, et on les plaindra de ne pas pouvoir le faire gouter aux amateurs de steack americains(car le steack au roquefort,c’est entendu, est bien meilleur…)

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