A Beauval, le zoo produit son énergie

[caption id="attachment_63878" align="alignnone" width="735"] zoo qui produit son energie[/caption] Si l'on en croit le site d'EDF, le premier électricien de France, "93 % de l'électricité produite par EDF est sans émissions de Co2". Malgré ce chiffre plus que flatteur, seuls 13% de cette électricité est d'origine renouvelable, les 80% restants étant à attribuer aux centrales nucléaires qui ont fleuri un peu partout depuis les années 70. Pourtant, les ressources renouvelables sont là : le vent, le soleil et… les déjections animales. Car toutes ces matières fécales, dites "organiques", l'homme a appris à les transformer en énergie. Ainsi, des unités de méthanisation commencent à émerger sur notre territoire. Leur principe est simple : les matières organiques sont réunies dans une cuve hermétique. Les bactéries ajoutées au mélange favorisent la dégradation de l'ensemble, ce qui crée des gaz de décomposition. Ce "biogaz", traité, est alors récupéré et peut être utilisé pour chauffer de l'eau, qui alimentera des turbines pour, in fine, produire une électricité propre. Quant aux matières initialement intégrées à la cuve, une fois le processus de décomposition achevé, elles feront un engrais 100% naturel des plus efficaces. Et quelle meilleure structure pour accueillir un centre de traitement de ce genre de déchets qu'un parc zoologique ? Le ZooParc de Beauval, dans le Loir-et-Cher, se lance dans l'aventure et inaugurera son installation en mars 2014. Entre les lions, les okapis, les tigres blancs ou les désormais célèbres pandas géants Huan Huan et Yuan Zi, l'établissement accueille quelques 4600 animaux qui produisent chaque année des milliers de tonnes de fumier qu'il faut bien retraiter. Les éléphants, à eux seuls, produisent une tonne de fumier par jour, quand les pandas affichent un rendement de 10 tonnes annuelles. Malgré ces chiffres qui donneraient presque le tournis, l'unité de méthanisation de Beauval ne pourra tourner qu'à plein régime grâce à un coup de pouce du tissu agricole local : les éleveurs porcins et bovins des alentours se chargeront de doubler la production de 5 500 tonnes de fumier du zoo pour la porter à 11 000 tonnes. Ce procédé, en plus de fournir des quantités d'engrais biologiques non négligeable, permettra au ZooParc avec toute l'énergie produite, non seulement de chauffer l'abri des éléphants ou celui des gorilles, de réduire de moitié sa facture de gaz, mais aussi de revendre 1,9 gigawatt d'électricité à EDF, soit la consommation de 3000 foyers. Le tout sans la moindre émission de CO2, évidemment. Merci les pandas.
Article écrit par Benjamin (voir la biographie)
le 31 mai 2013 à 09:49
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